Covid-19 et chasse : LMR interpelle le gouvernement pour sauver les éleveurs de gibier

Les décisions gouvernementales d’une fermeture de la chasse de la fin octobre au début décembre ont surpris les professionnels de la chasse. Toute la filière petit gibier a été impactée de plein fouet par la crise sanitaire et économique profonde et sans précédent. Elle ne s’en remettra pas sans mesure d’accompagnement forte de la part de l’État.

Après le confinement du printemps dernier où la filière accouvage a été sévèrement touchée, la filière élevage de gibier à plume subit à son tour, coup sur coup deux crises sanitaires : l’élévation au niveau élevé du risque pour l’influenza aviaire hautement pathogène sur tout le territoire et l’arrêt total de son activité pendant 4 semaines en période de haute commercialisation du fait de l’interdiction de la chasse au petit gibier sédentaire par le confinement de novembre.

C’est pourquoi, en concertation avec les éleveurs, le Mouvement de la ruralité avait demandé la réouverture de la chasse dès le premier décembre et lancé un appel à la Fédération nationale des chasseurs (FNC) pour persévérer à intervenir auprès du gouvernement en ce sens. Seule la reprise de la chasse aux petits gibiers devait permettre de résoudre cette crise, de sauvegarder cette filière de l’élevage et ses emplois, en demandant une prolongation de la chasse aux petits - gibiers, faisans, perdrix… - jusqu’au 28 février. LMR demandait également à chaque fédération départementale de chasse d’être solidaire de cette filière d'excellence en France. Sa survie en dépendait !

Malheureusement les résultats ne sont pas au rendez-vous ! De nombreux départements cynégétiques ne jouent pas le jeu. Ils ne souhaitent pas prolonger la chasse des espèces perdrix, faisans par manque d’autorisation préfectorale ou de volonté fédérale. Même si l’ampleur de la crise sanitaire est incontestable, l'avenir de milliers d’emplois est incertain.

Les éleveurs de gibiers sont actuellement dans de graves difficultés financières, avec des milliers d’oiseaux dans les volières, et sujets à des risques sanitaires très importants si ces oiseaux sont maintenus trop longtemps en élevage. Il est impossible de laisser cette filière de l’élevage de gibier sans perspective.

Le déconfinement partiel n’a pas permis de répondre aux espoirs de déblocage massif des oiseaux dans les élevages. Seule une très faible quantité d’oiseaux ont ainsi pu être remis en nature. On estime à 1,5 million d’oiseaux en volière sans réelle solution de commercialisation. Une solution existe pour sauver des éleveurs de gibier en France : une action nationale de remise en nature des oiseaux actuellement dans les volières, plutôt que de les euthanasier. Elle est souhaitée par les éleveurs, avec le soutien de la FNC et des fédérations de chasse.  

Pour réussir cette opération, un soutien financier conséquent de l’État est indispensable. C’est pourquoi le Mouvement de la ruralité demande en urgence au Premier ministre un rendez-vous pour étudier la mise en place d'un plan de financement rapide et acceptable pour les éleveurs de gibiers en concertation avec la FNC. De nombreux éleveurs n’ayant déjà plus de trésorerie pour nourrir leurs oiseaux qui risquent de dépérir dans les volières, la survie de cette filière d’excellence de la chasse populaire aux petits gibiers en France en dépend…