L’étude du centre commun de recherche européen, sortie sans aucune promotion en plein été, fait couler de l’encre en cette rentrée. Elle prévoit que la stratégie “de la Ferme à la table” et le “plan biodiversité”, accompagnés de la nouvelle “Pac” conduisent à une baisse de production agricole européenne et à une hausse des importations !

L’objectif de l’Europe, rappelé par Emmanuel Macron à Marseille à l’occasion du forum international de la biodiversité, est la “sortie des pesticides” (en fait il s’agit de baisser l’usage des phytosanitaires de 50% d’ici 2030, de reculer de 20% l’usage des engrais, d’augmenter des surfaces “bio” à 25% de la SAU et d’atteindre 10% d’infrastructures écologiques). C’est une folie sans nom ! Un non-sens ! Cela reviendra à importer les produits qu’on interdit de produire en Europe et à augmenter les émissions de gaz à effet de serre ailleurs, pendant qu’on les diminue chez nous ! Le bilan global est évidemment très mauvais : l’atmosphère est le bien commun de l’humanité et ce qui est important c’est la comptabilisation des émissions, pas l’endroit d’où l’on émet !

L’Europe s’apprête à faire avec l’agriculture ce que la France a fait depuis 30 ans avec son industrie : la pousser ailleurs !

« Quel que soit le scénario envisagé, tous les secteurs connaîtront une diminution de leur production oscillant entre 5 et 15%, l’élevage étant le secteur le plus durement touché » souligne la Copa-Cogeca dans un communiqué.

Pour les scénarios “Nouvelle Pac” et “Pac avec plan de relance”, toutes les productions seraient en recul en volume à l’horizon 2030, les plus affectées étant les productions carnées avec un recul jusqu’à 15% pour la volaille, le porc et le bœuf. Le secteur laitier perdrait plus de 10% de production, les céréales environ 13%, les oléo protéagineux 12% et les fruits et légumes environ -7%. Cette baisse de production liée à une diminution des surfaces et des rendements s’accompagnerait d’une hausse des prix pour les agriculteurs, mais avec globalement une perte de revenus par exploitations, à l’exception notable des secteurs porcins et des fruits et légumes.

Et tout ça pour quoi ? Les politiques européennes pourraient réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre de plus de 28%, note l’étude. Mais ces baisses de production s’accompagneraient d’une hausse des importations et donc d’un report de ces émissions sur les pays tiers. L’étude pointe notamment une hausse des importations d’oléoprotéagineux, de fruits et légumes, de bœuf et dans une moindre mesure d’ovins !

Notons que la France importe déjà aujourd’hui 60% des fruits qu’elle consomme, 40% des légumes, 50% de la viande blanche, 25 % de la viande rouge et 75% des fleurs coupées ! Alors que tout le monde parle de “circuit court” de “relocalisation”, l’Europe s’apprête, avec toutes ces nouvelles normes, à délocaliser en masse et à perdre définitivement sa souveraineté alimentaire !

Comme à son habitude dans cette affaire, le Président de la République tient sur ce sujet un double discours (triple même- selon qu’il s’exprime devant des écologistes ou devant des agriculteurs. Selon qu’il donne la parole à Barbara Pompili ou à Julien Denormandie. C’est bien dommage, car le modèle agricole français est l’un des plus respectueux du monde, car il permet un équilibre entre la nécessaire protection de l’environnement et la bonne santé des consommateurs. Il s’appuie pour cela sur des entreprises familiales qui même lorsqu’elles atteignent un cheptel de “1000 vaches”, sont très très loin de l’agriculture industrielle. Elles sont le meilleur gage d’un développement durable.

C’est cet équilibre qu’il convient de préserver et cette agriculture qu’il faut développer. Pour cela il faut se retrousser les manches pour progresser encore vers l’excellence qui est la signature de la France agricole, celle qui mobilise les agriculteurs, au lieu d’agiter des poncifs et de multiplier les effets de manche.

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Alors que les moissons 2021 ne sont pas encore terminées dans toutes les régions de France, suite à un été particulièrement pluvieux et un manque d’ensoleillement, le bilan peut apparaître bon en rendement et en qualité pour certains agriculteurs, mais plutôt mitigé, voir mauvais pour les derniers.

Positivement, le prix des céréales grimpe au plus haut depuis ces 5 dernières années. C'est tant mieux pour le revenu des céréaliers sauf à savoir si le prix d’achat compensera la baisse de production.

La commission agriculture du Mouvement de la Ruralité s’inquiète du prix d’achat de l'alimentation animale, déjà élevé, qui risque de subir de nouvelles hausses ; ce qui impacte directement les éleveurs de porcs, volailles, bovins, etc. Les prix de vente de la viande doivent donc logiquement augmenter pour absorber le surplus du coût alimentaire.

Pour LMR c'est bien ce que doit entendre le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'il veut réellement respecter la loi Egalim qui a été votée en ce sens. C'est-à-dire prendre en compte l'évolution des coûts de production pour fixer les prix des produits agricoles à la vente.

Les agriculteurs qui ne comptent pas leurs heures et qui ont fait quantité d'efforts sur la qualité et le respect de l'environnement ont déjà payé un lourd tribut cette dernière décennie. Ils ont plus que jamais besoin de revenus pour vivre, mais aussi pour encourager des jeunes à s'installer.

C'est un enjeu crucial pour l'avenir proche, sans quoi le pays manquera de tout et devra importer encore plus de produits alimentaires qui sont loin de respecter toutes les normes françaises de loin les plus drastiques.

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Dimanche 21 mars, France 5 a diffusé un documentaire intitulé « Sur le front des forêts françaises » (voir le replay sur bit.ly/2Pb00B7)

Les forestiers espéraient voir une analyse documentée sur la situation de la forêt et les difficultés auxquelles les sylviculteurs sont et vont être confrontés, notamment du fait du changement climatique.

Quelle déception ! il agissait essentiellement de faire de la propagande pour des écoterroristes qui s’opposent aux coupes rases (si on peut admettre que la coupe rase soit perturbante pour le profane, le sylviculteur y voit une technique recevable dans de nombreux cas pour garantir une remise en état d’un peuplement forestier).

On y voit notamment des activistes pénétrer par effraction sur un site industriel ou harceler des entreprises d’exploitation forestière, tout cela sous l’œil bienveillant de la caméra. Mais on y entend aussi des propos qui présentent des faits de manière tendancieuse :

  • Oui, c’est sur la base de plantations que la forêt s’est agrandie en France : n’en déplaise à Monsieur Clément, la forêt n’apparaît pas toute seule, sinon, ce n’est pas de la forêt, c’est de la friche ! Donc, au lieu de jeter le discrédit sur leur action, réjouissons-nous plutôt qu’il y ait encore des gens pour investir dans des plantations qui ne leur rapporteront jamais rien !
  • Oui, la forêt française se régénère en grande partie par plantation. N’en déplaise là encore à Monsieur Clément, la forêt naturelle est un mythe : en France métropolitaine la forêt primaire n’existe plus depuis bien longtemps, toutes les forêts ont été modelées par la main de l’homme.
    Quant à la forêt des Landes, rappelons que c’est pour l’essentiel une forêt artificielle qui a été installée au 19ème siècle pour valoriser des espaces marécageux et fixer les dunes.
  • Oui, il y a probablement eu des erreurs de gestion sylvicole il y a un demi-siècle. Mais il faut rappeler qu’il y a cinquante ans, on ne parlait pas encore du réchauffement climatique et que les choix de l’époque étaient parfaitement justifiés selon les informations disponibles à ce moment-là. Il est toujours facile de critiquer a posteriori.
  • Oui, les forestiers cherchent en permanence à adapter leurs pratiques sylvicoles aux conditions de leurs écosystèmes, tant dans le domaine public (ONF) que dans les forêts privées. Et les sylviculteurs n’ont pas attendu Monsieur Clément pour cela : la technique de la futaie irrégulière aujourd’hui remise à l’honneur existe depuis des siècles, la création du mouvement « pro sylva » qui a formalisé cette méthode remonte à plus de trente ans !
  • Oui, quelques absurdités de l’économie forestière sont relevées dans ce documentaire. Mais elles sont insuffisamment et imparfaitement traitées :
    • oui il est scandaleux que des grumes dignes d’être exploitées par les scieurs soient transformées en combustible. Mais pourquoi est-ce le cas et comment y remédier ?
    • oui il est absurde que des grumes partent en Chine pour nous revenir transformées en France. Mais là encore, aucun approfondissement de la question : pourquoi la filière bois française n’est-elle pas capable de transformer ces bois sur place ?

LMR n’est évidemment pas surpris des outrances proférées par Monsieur Clément. Il est coutumier du fait. Pour autant LMR regrette que Fance 5 s’en fasse complice en le laissant faire de l’activisme au lieu de faire du journalisme. En agissant ainsi France 5 a raté une occasion de traiter sérieusement un sujet qui le méritait.

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À vouloir toujours négocier les prix à la baisse, c'est la mort de l'agriculture française en perspective ! Chaque début d’année, les différents acteurs de l’alimentaire, syndicats, industries agroalimentaires et représentants de la grande distribution se retrouvent pour négocier les variations de prix. Or, cette année les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) réclament des baisses insupportables.

Pour la commission agriculture du Mouvement de la ruralité, c’est inacceptable au regard du travail que fournissent les agriculteurs au quotidien tant pour assurer la quantité que la qualité des produits. Le lait, la viande, les céréales et diverses productions nationales sont en crise financière, avec des salaires indécents, voire l’absence de revenus pour d’autres. Concomitamment à cette fâcheuse situation financière, l’État et l’UE demandent toujours plus de garanties et exigent des contraintes de plus en plus coûteuses. Problèmes auxquels on peut rajouter les échanges agroalimentaires mondiaux qui ne font qu’accentuer la baisse des prix !

Les GMS, autant que les industries agroalimentaires, ne respectent pas les décisions prises lors des États Généraux de l’Alimentation dont l’État devrait-être garant de leur application. Les produits agricoles doivent être payés à un prix rémunérateur et non pas de vendre à perte.  Or dans de nombreuses productions, les prix de vente sont très en dessous des coûts de production à l’exemple du lait payé en 2020 à 347 euros/1000 L, alors que le prix de revient est estimé à 422 euros/1000 L. Pourtant le consommateur, de son côté, le paye toujours plus cher !

LMR demande en urgence que l’alimentaire soit reconnu comme un secteur hautement stratégique puisqu’il est vital pour nourrir l’ensemble de nos concitoyens. La situation vécue par le monde agricole depuis un an avec le coronavirus nous le rappelle chaque jour.

L’État et l’UE doivent prendre leurs responsabilités en ce sens pour assurer la souveraineté alimentaire et sortir l’agriculture des marchés mondiaux à prix bas, comme le CETA et le MERCOSUR qui ruinent nos producteurs. L’alimentaire n’est pas une marchandise qui s’échange comme un bien industriel. Toujours est-il que les industriels, qu’ils soient privés ou en coopératives, et les GMS continuent de confisquer les marges qui doivent légitimement revenir aux agriculteurs.

Le Mouvement de la ruralité demande au gouvernement, au ministre de l’Agriculture d’instaurer une véritable politique agricole et alimentaire avec des prix rémunérateurs pour les producteurs. Pour cela, il faut reconquérir le marché intérieur, imposer l’étiquetage total pour les produits frais et transformés pour consommer français de préférence, réguler les productions au niveau de l’UE et sortir des marchés mondiaux introduisant un dumping social et environnemental en refusant les accords qui induisent une distorsion comme celui du MERCOSUR.

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Lourdement impactée avec la crise sanitaire du Covid-19, la filière aviaire a dû trouver des solutions pour écouler ses stocks. Il est vrai qu’avec la fermeture des restaurants cela n’a pas été la meilleure des choses. Pourtant avec les fêtes de fin d’années les producteurs avaient dressé un bilan positif « nous avons réussi à survivre » surtout dans les filières de vente directe.

Aujourd’hui, le virus d’influenza aviaire touche majoritairement le sud-ouest et ce sont déjà des milliers d’animaux qui sont abattus dans les cas avérés et surtout en prévention dans les zones de protection. Un coup dur pour la filière qui se serait bien passé de cette nouvelle épidémie.

Enfin, plusieurs présidents de chambre d’agriculture s’inquiètent que la filière ait mis des années pour se relever des précédents épisodes de ce virus et ne souhaitent pas que les éleveurs revivent les mêmes traumatismes qu’en 2017.

Cette filière « marginale » par rapport aux productions avicoles dominantes (poulet, dinde, œuf…) ne doit pas être sacrifiée. Des solutions vaccinales pourraient permettre de protéger à l’avenir les palmipèdes élevés en plein air sans remettre en cause le statut sanitaire de la France pour l’influenza aviaire.

Le Mouvement de la ruralité, soucieux des problématiques que rencontre cette filière apporte son soutien et espère que le bon sens paysan sera écouté, car qui mieux que les éleveurs eux-mêmes peuvent apporter des réponses aux problèmes. Le terroir doit reprendre le pouvoir...

 

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