Déjà lourdement impactée avec la crise sanitaire du Covid 19, la filière avicole a dû trouver des solutions pour écouler ses stocks face à la fermeture des restaurants. Les fêtes de fin d'année avaient quant à elles redressé la situation et permis aux éleveurs de survivre surtout dans les filières de vente directe.

Aujourd'hui, le virus « influenza aviaire » touche majoritairement les départements de Vendée, Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Ce sont déjà des milliers d'animaux qui sont abattus pour les cas avérés et surtout en prévention dans les zones de protection. Un nouveau coup dur pour la filière avec de graves répercussions morales et financières.

La commission agriculture de LMR Pays-de-la-Loire apporte tout son soutien aux éleveurs et demande instamment à l’État, aux collectivités départementales et régionales une aide d'urgence et immédiate envers les éleveurs et les acteurs économiques des filières volailles grasses, volailles maigres et gibiers. Ces aides doivent aussi permettre de reconduire le dispositif dérogatoire sur le RSA, de doubler les crédits pour soutenir les éleveurs en difficulté, de reporter les remboursements pour des couvoirs ou bien encore de poursuivre toutes actions urgentes qui s'avéreraient utiles pour accompagner les éleveurs et les entreprises.

Pour autant, de sérieuses questions se posent quant aux réelles causes de contaminations autres que celles de la faune sauvage puisque les volailles sont enfermées depuis les mesures drastiques de biosécurité.

Est-il vraiment pertinent de continuer d'abattre des lots d'animaux sains alors qu'une surveillance accrue et des analyses régulières permettraient d'éviter ces pertes insupportables pour les éleveurs et coûteuses pour l’État ?

Au final, ce manque de production française favorise encore plus les importations et nuit dangereusement à notre souveraineté alimentaire !

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En apparence très exportatrice, l’agriculture française accumule en fait les difficultés dès que l’on se penche sur les détails. Pour répondre à ces défis, Angélique Delahaye et Yves d’Amécourt, agriculteurs, anciens élus locaux et membres du Mouvement de la Ruralité, appellent à trouver les moyens d’une meilleure rémunération des agriculteurs.

Constat amer. L’agriculture et le monde rural intéressent peu nos gouvernants et ceux qui aspirent à gouverner… Elle fut absente du discours du président de la République, jeudi 9 décembre, alors que la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union Européenne, si ce n’est à travers l’évocation des « clauses-miroirs » – indispensables – et la lutte contre le concept écologiste fumeux de « déforestation importée » qui vient s’ajouter à celui « d’eau virtuelle exportée ». Elle fut absente aussi des débats lors du congrès des Républicains. En France, constatons qu’on s’intéresse le plus souvent aux problématiques urbaines et, de temps en temps, au monde rural. Lorsqu’il y a un accident de chasse ou un coq jugé en appel.

Pourtant, l’heure est grave. La France importe 60 % des fruits qu’elle consomme. 40 % des légumes. 50 % de la viande blanche et 25 % de la viande rouge. 75 % des fleurs coupées ! S’il n’y avait, pour la rendre excédentaire, l’exportation des céréales, des vins et des spiritueux, la balance commerciale agricole de la France serait largement déficitaire ! L’Allemagne, depuis qu’elle a pris le taureau par les cornes au début des années 2000 et les mesures Schröder/Hartz, dispute désormais à la France son statut de leader agricole de l’Europe.

La France dispose de toutes les ressources, mais elle manque cruellement d’industries de première et deuxième transformation

L’exemple de la sylviculture est édifiant. Nos bois sont exportés pour être transformés dans des pays où la main-d’œuvre est moins chère, et quand ils reviennent en France, c’est sous la forme de produits finis… Lorsque l’on veut construire en bois, la plupart des matériaux sont importés, soit d’Europe du Nord (charpente), soit des pays exotiques (menuiseries), alors que la France dispose de toutes les essences et de toutes les ressources. Mais elle manque cruellement d’industries de première et deuxième transformation. La balance commerciale de la filière bois en France est déficitaire de 7 milliards d’euros.

Dans le même temps, la Politique agricole commune (PAC) de l’Europe est devenue une vaste politique environnementale différenciée, ni vraiment agricole, ni vraiment commune, qui agit a contrario de la souveraineté alimentaire du continent et de la France. La stratégie “Farm to fork” (de la ferme à la fourchette) adoptée en octobre dernier par le Parlement européen, en se donnant des objectifs de « réduction des pesticides » et d’augmentation de l’agriculture « biologique », risque fort de sacrifier un peu plus encore notre autonomie alimentaire et l’avenir de nos agriculteurs. Ce discours idéologique qui ignore tout ou presque des réalités scientifiques est en train de tuer à petit feu tous les efforts de l’agriculture européenne et les fruits des progrès de l’agronomie.

Cette politique, basée sur une idéologie mortifère, a un impact direct sur le moral et sur le revenu des agriculteurs. La moitié d’entre eux a plus de 55 ans et aspire à la retraite dans les dix ans qui viennent. Une grande partie ne transmettra pas son exploitation faute de candidat. Pour limiter l’impact de sa stratégie sur les revenus des agriculteurs, le Parlement européen a demandé à la Commission d’intensifier ses efforts – y compris par l’adaptation des règles de concurrence – pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement.

En France aussi, on est loin du compte. Les débats sur la loi “égalim” ressemblent fort à un pansement français sur une jambe de bois européenne. Il suffit d’interroger les premiers concernés pour constater avec eux que si les prix des productions agricoles et forestières ont augmenté récemment, ils ont le plus souvent retrouvé les niveaux de rémunération d’il y a… 40 ans.

Le revenu agricole doit être notre seule priorité, car il conditionne toutes les autres

Nous disposons pourtant d’une solution éprouvée pour permettre aux agriculteurs français d’améliorer leur revenu tout en taxant les produits d’importation : c’est ce que l’on a appelé au cours des sempiternels débats depuis 20 ans la « TVA sociale », la « TVA antidélocalisation », la « TVA relocalisation », la « TVA équitable », etc. Toujours évoquée, jamais mise en place faute de courage politique pour l’appliquer et de discours pédagogique pour l’expliquer. Appelons-la aujourd’hui « TVA souveraineté » ! Il s’agit de faire basculer un certain nombre de charges sociales des salaires et/ou des revenus agricoles, vers la « valeur ajoutée ». Taxer la « valeur ajoutée » plutôt que les salaires permettrait de retrouver un équilibre concurrentiel nécessaire entre production nationale et production importée et de redonner une chance à la souveraineté alimentaire nationale, tout en améliorant le revenu agricole.

Un revenu qui pourrait être complété judicieusement et logiquement par une part de la taxe carbone dont le prix s’envole (88,88 € la tonne, le 8 décembre 2021), qui est payée par les émetteurs de CO2, pour saluer et rémunérer les efforts constants des agriculteurs et des sylviculteurs qui fixent le carbone dans leurs productions et dans les sols, participant ainsi activement à la lutte d’intérêt général planétaire contre le changement climatique.

Le revenu agricole doit être notre seule priorité, car il conditionne toutes les autres : le bien-être et le moral des agriculteurs, la qualité des productions agricoles, l’investissement, la protection contre les aléas climatiques et économiques, la transmission des exploitations et l’installation des nouvelles générations. Bref, tout ce qui permettra la souveraineté alimentaire de la France !

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Ce 1er novembre 2021 fera date pour les retraités agricoles puisque la loi Chassaigne, maintes fois reportée, est enfin appliquée ! Elle permet de relever les pensions de 75% à 85 % du SMIC, soit 1.035 euros mensuels.

Le Mouvement de la Ruralité salue cette réelle avancée que l'on doit à la ténacité du député André Chassaigne. Il a mené ce dur combat qui n'est entre autres qu'une question de justice sociale pour ceux et celles qui ont œuvré toute une vie pour nourrir au quotidien tous nos concitoyens, dimanche compris et pour nombre, sans congés.

Cependant, cette revalorisation cache encore de grandes disparités puisque seulement un agriculteur sur cinq va en bénéficier. Pour en bénéficier, il faut impérativement avoir été chef d'exploitation au moins 17,5 années, et justifier d'une carrière complète. Ce qui est loin d'être le cas, notamment pour les agricultrices qui ont souvent eu une carrière discontinue et sous-statut de conjointe collaboratrice, voire pas de statut du tout, malgré le travail intense au sein de l’exploitation. Actuellement elles touchent en moyenne 570 euros par mois.

Si une proposition de loi est en cours pour revaloriser également leur pension de 100 euros supplémentaires par mois, nous sommes encore loin de la réelle reconnaissance quelles méritent, sachant que la pension moyenne française s'établit à 1500 euros. LMR estime qu'il faut rapidement aller à la source du problème en s'attaquant au manque de revenu.

Une politique agricole et alimentaire digne de ce nom est nécessaire pour assurer des revenus et des retraites décentes pour l’ensemble des agriculteurs et des agricultrices, notamment en permettant le renouvellement des générations pour que demain nous ne soyons pas obligés d'importer encore plus d'alimentation qui de surcroît ne respecte pas nos normes tant en qualité qu'en sécurité et respect de l’environnement.

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Alors que les débats entre l'Assemblée nationale et le Sénat se précisent pour finaliser le projet de loi Egalim 2, LMR reste sur sa faim. Le Mouvement de la Ruralité constate que, si les intentions sont fort louables, la volonté des élus de protéger le revenu des agriculteurs, la mise en œuvre de cette loi paraît bien improbable à court terme.

La loi Egalim votée il y a 3 ans est d'ailleurs un échec et n'a nullement porté ses fruits. Pour preuve l'expérimentation par la contractualisation pour les producteurs laitiers n'a aucunement amélioré leur revenu, le prix du lait étant resté en moyenne en dessous des coûts de production. Alors qu'un contrat gagnant-gagnant doit permettre à chacun des partenaires d'assurer sa marge pour vivre décemment et gagner de l’argent.

La loi Egalim devait permettre de constituer le prix de vente en commençant par la base c'est- à- dire en partant par celui du producteur, puis du transformateur et de la grande distribution au final. Or il n'en est rien ! Les industries agroalimentaires, grandes coopératives et distributeurs continuent de mener la danse et s'arrogent toujours le droit de fixer leurs prix et leurs marges dans un marché concurrentiel toujours plus exacerbé alors que de plus en plus, les consommateurs souhaitent de préférence acheter local et de qualité !

LMR demande que la transparence soit nécessaire sur le détail du prix producteur au prix consommateur. Les élus doivent s'appuyer sur les travaux sérieux de l'Observatoire de la formation des prix et des marges réalisés par FranceAgriMer. Ces travaux démontrent clairement que les agriculteurs vendent trop souvent à perte.

Il n'y a donc pas d'autre solution que de refonder une véritable politique agricole et alimentaire française et européenne en commençant par une politique de prix rémunérateurs pour les agriculteurs qui prennent en compte les coûts de production des charges et la rémunération du travail.

Pour LMR, la régulation des productions en fonction des différents marchés existants et la sortie du marché mondial doivent être les règles de bases pour assurer l'indispensable souveraineté alimentaire du pays !

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L’étude du centre commun de recherche européen, sortie sans aucune promotion en plein été, fait couler de l’encre en cette rentrée. Elle prévoit que la stratégie “de la Ferme à la table” et le “plan biodiversité”, accompagnés de la nouvelle “Pac” conduisent à une baisse de production agricole européenne et à une hausse des importations !

L’objectif de l’Europe, rappelé par Emmanuel Macron à Marseille à l’occasion du forum international de la biodiversité, est la “sortie des pesticides” (en fait il s’agit de baisser l’usage des phytosanitaires de 50% d’ici 2030, de reculer de 20% l’usage des engrais, d’augmenter des surfaces “bio” à 25% de la SAU et d’atteindre 10% d’infrastructures écologiques). C’est une folie sans nom ! Un non-sens ! Cela reviendra à importer les produits qu’on interdit de produire en Europe et à augmenter les émissions de gaz à effet de serre ailleurs, pendant qu’on les diminue chez nous ! Le bilan global est évidemment très mauvais : l’atmosphère est le bien commun de l’humanité et ce qui est important c’est la comptabilisation des émissions, pas l’endroit d’où l’on émet !

L’Europe s’apprête à faire avec l’agriculture ce que la France a fait depuis 30 ans avec son industrie : la pousser ailleurs !

« Quel que soit le scénario envisagé, tous les secteurs connaîtront une diminution de leur production oscillant entre 5 et 15%, l’élevage étant le secteur le plus durement touché » souligne la Copa-Cogeca dans un communiqué.

Pour les scénarios “Nouvelle Pac” et “Pac avec plan de relance”, toutes les productions seraient en recul en volume à l’horizon 2030, les plus affectées étant les productions carnées avec un recul jusqu’à 15% pour la volaille, le porc et le bœuf. Le secteur laitier perdrait plus de 10% de production, les céréales environ 13%, les oléo protéagineux 12% et les fruits et légumes environ -7%. Cette baisse de production liée à une diminution des surfaces et des rendements s’accompagnerait d’une hausse des prix pour les agriculteurs, mais avec globalement une perte de revenus par exploitations, à l’exception notable des secteurs porcins et des fruits et légumes.

Et tout ça pour quoi ? Les politiques européennes pourraient réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre de plus de 28%, note l’étude. Mais ces baisses de production s’accompagneraient d’une hausse des importations et donc d’un report de ces émissions sur les pays tiers. L’étude pointe notamment une hausse des importations d’oléoprotéagineux, de fruits et légumes, de bœuf et dans une moindre mesure d’ovins !

Notons que la France importe déjà aujourd’hui 60% des fruits qu’elle consomme, 40% des légumes, 50% de la viande blanche, 25 % de la viande rouge et 75% des fleurs coupées ! Alors que tout le monde parle de “circuit court” de “relocalisation”, l’Europe s’apprête, avec toutes ces nouvelles normes, à délocaliser en masse et à perdre définitivement sa souveraineté alimentaire !

Comme à son habitude dans cette affaire, le Président de la République tient sur ce sujet un double discours (triple même- selon qu’il s’exprime devant des écologistes ou devant des agriculteurs. Selon qu’il donne la parole à Barbara Pompili ou à Julien Denormandie. C’est bien dommage, car le modèle agricole français est l’un des plus respectueux du monde, car il permet un équilibre entre la nécessaire protection de l’environnement et la bonne santé des consommateurs. Il s’appuie pour cela sur des entreprises familiales qui même lorsqu’elles atteignent un cheptel de “1000 vaches”, sont très très loin de l’agriculture industrielle. Elles sont le meilleur gage d’un développement durable.

C’est cet équilibre qu’il convient de préserver et cette agriculture qu’il faut développer. Pour cela il faut se retrousser les manches pour progresser encore vers l’excellence qui est la signature de la France agricole, celle qui mobilise les agriculteurs, au lieu d’agiter des poncifs et de multiplier les effets de manche.

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