LMR soutient l’élevage réunionnais mis à mal par l’errance animale

Le Mouvement de La Ruralité (LMR) apporte son soutien aux éleveurs confrontés aux chiens errants qui déciment leurs cheptels, et notamment à l’éleveur Paul Payet, victime d’une attaque récente à sa ferme du Tampon (Ile de la Réunion).

Cela fait des années que cette situation défraie la chronique sur notre île, et conduit à des massacres de poules, de canards, de cabris, de cerfs et même de chevaux. Il faut dire que nous sommes sûrement un des endroits au monde où il y a le plus de chiens errants par habitant, sans compter tous ceux qui sont laissés à la divagation par leurs propriétaires, et qui se joignent aux meutes lors d’attaques menées telles des raids organisés. Des meutes qui ciblent les élevages de cerfs, notamment lors des périodes de mises bas, attirées par les odeurs particulières de ces animaux alors plus vulnérables.

Les éleveurs sont désemparés, désespérés et, à défaut de prise en charge du problème en amont, n’ont pas d’autre choix que de protéger eux-mêmes leurs animaux en abattant les chiens. C’est le cas de Paul Payet qui a annoncé il y a quelques jours après une énième attaque sur son troupeau avoir tué 109 chiens errants depuis 2018 pour tenter de protéger son exploitation, en vain puisqu’il dénombre en 4 ans 89 de ses bêtes tuées. Il s’interroge en passant sur le nourrissage des animaux errants, notamment avec de la viande fraîche. Cette pratique pouvant conduire à une modification du comportement des chiens errants avec un retour de l’instinct de chasse.

Chaque année ce sont des dizaines, des centaines de chiens qui sont ainsi abattus tout autour de l’île : tout le monde le sait, et les autorités en premier. Mais celles-ci se gardent bien de réagir, de donner les moyens d’endiguer ce problème, ou encore de légiférer en faveur des éleveurs en situation de « légitime défense ». Ainsi, après le désespoir de la perte de leur cheptel, de la ruine de leur activité, ils se retrouvent bien souvent devant la justice, traités comme des criminels parce que des organisations de protection animale leur reprochent un massacre barbare… depuis la France métropolitaine. Les mêmes associations qui restent totalement insensibles à la souffrance des biches éventrées, à moitié dévorées et laissées agonisantes. Comment peut-on être sensible à la mort de chiens errants enragés, mais pas à celle d’animaux de ferme déchiquetés vivants ?

C’est un des grands paradoxes de ceux qui prétendent défendre la cause animale… mais uniquement lorsque les torts sont occasionnés par des humains.

Nous appelons l’ensemble des acteurs publics et politiques de l’île de La Réunion d’une part à soutenir les éleveurs, et d’autre part à se réunir en urgence pour mettre en place un véritable plan de lutte contre l’errance animale. Ce dernier épisode montre que les moyens sont insuffisants et qu’il y a urgence à faire preuve de courage politique dans cette affaire. Il faut profiter des dernières lois votées en 2021 et qui ont durci la réglementation sur la possession d’animaux domestiques pour intercepter plus systématiquement les animaux divagants, contrôler et sanctionner les propriétaires négligents, sans oublier de donner aux éleveurs une possibilité réelle de se protéger face à ce fléau !

Jean-François Nativel
Représentant 974 du Mouvement de La Ruralité (LMR)
Conseiller départemental 19e canton Saint-Paul